
Lot n° 5 - Prix de départ : 2 500 €
"Ambiance Pourim. Studio vénitien"
Pastel sur papier, 50x63, 2025
Dans cette œuvre, le spectateur est plongé dans l’atmosphère intime d’un atelier vénitien, où passé, présent et traditions culturelles s’entrelacent pour former une seule et même trame. La scène semble se situer à la frontière entre le monde intérieur et l’extérieur : au premier plan se déploie l’atelier de l’artiste, tandis qu’à travers les fenêtres s’ouvre la lumineuse panoramique de Venise, avec ses canaux, ses palais et son éternelle fête de la vie.
Au centre de la composition trône le chevalet avec son dessin : une esquisse en noir et blanc des canaux contraste avec la réalité foisonnante et colorée visible au dehors. Ce contraste fournit la clé de lecture de l’œuvre : la réalité et son reflet dans l’art, l’instant et la mémoire, le vivant et l’immobile. L’artiste semble rappeler au spectateur que toute création n’est qu’un prélèvement sélectif au sein de la vie riche et polychrome.
La jeune fille vêtue d’une blouse bleue et d’une jupe claire, penchée sur un livre, incarne la continuité de la tradition, la transmission du savoir et de l’inspiration d’une génération à l’autre. Son immersion dans la lecture introduit une note silencieuse de concentration, en contrepoint de la scène festive et théâtralisée visible par la fenêtre. Le regard glisse alors des pages du livre aux objets environnants : un vase fleuri, une menorah, un portrait en silhouette et un masque vénitien accroché au mur. Ensemble, ces éléments composent l’espace associatif de la fête de Pourim — temps de joie, de mascarades et de métamorphoses.
À l’arrière-plan, des figures en costumes de carnaval apparaissent comme des personnages ressuscités de la commedia dell’arte. On ne sait s’ils s’introduisent dans l’atelier ou s’ils demeurent dans le spectacle de la rue au-dehors. Leurs habits éclatants, la gondole glissant sur l’eau et la splendeur architecturale de Venise engendrent une impression de carnaval éternel, fête de la vie qui résonne avec la tradition pourimienne de la métamorphose et du rire joyeux.
En bas à droite, un chien fixe le spectateur, tel un « témoin » de la scène, reliant le monde de l’image à la réalité. Sa présence tranquille apporte une touche de quotidien et de chaleur domestique.
L’œuvre Ambiance Pourim. Studio vénitien n’est pas seulement une esquisse pastel d’un atelier vénitien, mais aussi une métaphore à plusieurs niveaux. Elle associe la fête juive de Pourim à l’esprit de Venise, où le masque et le jeu des identités font partie intégrante du code culturel. L’artiste invite ainsi le spectateur à s’interroger sur la nature de la fête : non seulement une extériorité fastueuse et costumée, mais également un travail intérieur de mémoire, d’art et d’imagination.
Au final, le tableau suscite une ambiance singulière — alliance de joie, de rêverie et de douce sagesse — tout en soulignant la valeur intemporelle de l’art comme médiateur entre la vie et son interprétation.
